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2004 : le dolmen de la Pierre Fritte à Yermenonville (Eure-et-Loir)

 Après 4 campagnes sur le site du dolmen de la Pierre Fritte à Yermenonville (Eure-et-Loir), il est dorénavant possible d'avancer des hypothèses concernant l'histoire de ce monument.
Dans le cadre du programme de recherche (P12) de la SDA "Rites et pratiques funéraires", nous avons repris la fouille d'un petit dolmen érigé et orienté vers le Sud-Est sur une légère pente d'un coteau plongeant vers la vallée de l'Eure. Ce dolmen semble à première vue avoir une architecture des plus classiques : une dalle de couverture de 3,20 m de long sur 2,50 de large, reposant sur deux orthostates latéraux et un troisième au chevet.

Nous avons mis en oeuvre une méthode de fouille exhaustive, reprenant la totalité du site, en séparant les témoignages perturbés par les anciennes fouilles de 1930 réalisées par Léon Petit. La problématique de l'étude développe à la fois le caractère sépulcral, mais aussi le caractère funéraire au sens large du site.
Rappelons que ce monument semble aujourd'hui ruiné, avec ses éléments mégalithiques (orthostates et dalle de couverture) basculés et effondrés.
 
Plan directeur des fouilles en 2004 (© Jean-Marc Mourain)

 

La fouille a montré que la périphérie du monument a été aménagée par les Néolithiques en plusieurs fois : d'abord en arrachant une couche de calcaire induré, et en construisant le dolmen sur ce sol décapé. Les blocs de calcaire récupérés ont été déposés en blocage autour du monument, à distance jusqu'à 5 à 12 mètres au-delà des orthostates, formant une aire. Ces derniers sont succinctement mis en place et rien ne permet aujourd'hui de dire si la dalle de couverture faisait partie de l'architecture primaire.
Une fosse de type ossuaire contenant des ossements déconnectés et fragmentés a été mis au jour au Sud dans la chambre. Nous avons pu démontrer que cette fosse avait été creusée et comblée alors que le dolmen était déjà effondré.
 
 L'absence quasi totale de vestiges osseux dans le reste de la chambre nous amène à penser que la fonction du dolmen n'était pas forcément sépulcrale. Nous aurions alors affaire à un dolmen plutôt destiné aux vivants, monument à vocation cultuelle ou cérémonielle.
Dans ce cas, nous pourrions être en présence d'un phénomène de condamnation de ce monument, la dalle de couverture en étant un lourd témoignage.
 
La réutilisation du monument ainsi condamné comme ossuaire n'est pas inédit au Néolithique..
Les quelques éléments mobiliers, avant toute datation absolue, nous mettent en présence de 3 phases bien distinctes : du Néolithique moyen 1 pour une occupation pré-dolménique (quelques tessons décorés trouvés sur place, mais pas en stratigraphie avérée), une présence Néo récent, proche du Néo moyen 2, probablement associé au dolmen en activité, enfin l'ossuaire caractérisé par une lame typique du Grand-Pressigny (Néo final).
 
Une équipe pluridisciplinaire est dorénavant en place pour terminer l'étude particulière de ce monument et de son environnement funéraire.
 
Résumé du rapport de synthèse (2002 - 2004)
Texte : Dominique Jagu

 

 

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